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lundi 13 juin 2011

ETAT DES LIEUX DU DEVELOPPEMENT DES SOINS PALLIATIFS EN FRANCE EN 2010

Ce rapport constitue le bilan d’étape, à mi-parcours, du Programme national de développement des soins palliatifs 2008-2012. Mais il se veut également un état des lieux complet de la dynamique de développement des soins palliatifs dans les régions françaises, au plus près des réalités locales tout en conservant une approche nationale et comparative.

Les progrès accomplis au cours des trente dernières années dans le champ de la santé permettent de vivre plus longtemps, et – pour l’immense majorité d’entre nous – dans des conditions globalement plus favorables : l’espérance de vie progresse, et le taux de mortalité décroît considérablement. Comme le soulignait récemment l’INSEE, si les risques de mortalité étaient restés les mêmes qu’en 1980, le nombre total de décès en 2010 aurait été supérieur de 120 000 à celui effectivement observé.

Mais en rendant incertaines les frontières de la vie et en repoussant sans cesse celles de la mort, la médecine moderne a engagé les professionnels de santé, les patients et la société toute entière dans un territoire inconnu, constitué de situations et de questions jusqu’alors impensées. En effet, particulièrement efficace à ralentir ou freiner le développement de maladies qui, sans lui, auraient conduit très vite à la mort, le progrès médical tend à la fois à accroître la complexité des prises en charge et à redessiner les contours de la vulnérabilité des personnes malades.

C’est précisément cette nouvelle réalité, marquée par les limites du savoir autant que par celles de la vie humaine, que le développement des soins palliatifs doit permettre d’accompagner. Les soins palliatifs introduisent en effet un véritable changement de paradigme : ils n’ont pas pour objectif de combattre les causes de la maladie, mais cherchent à améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille face aux conséquences de cette maladie potentiellement mortelle, par la prévention et le soulagement de la souffrance, ainsi que le traitement de la douleur et des problèmes physiques, psychologiques et spirituels qui lui sont liés. Contrairement à une idée largement répandue, les soins palliatifs ne concernent donc pas seulement les dernières semaines ni les derniers mois de la vie, et peuvent être mis en œuvre simultanément à des soins dits « curatifs ».

Les questions concernant la fin de vie revêtent aujourd’hui un caractère essentiel, du fait de leur impact non seulement sur la médecine elle-même et sur les conséquences de son progrès, mais aussi sur l’organisation du système de soins et sur les politiques publiques de santé de demain.

Le vieillissement et la grande vulnérabilité des personnes gravement malades interrogent en effet l’un de nos fondements républicains : celui de l’altérité, c'est-à-dire du droit de chacun d’être reconnu comme un homme parmi les autres, quelle que soit sa fragilité et quel que soit l’horizon de son existence.

Le Programme national de développement des soins palliatifs 2008-2012 incarne une forme d’action publique qui dépasse le seul champ de la santé. Il questionne la société sur les valeurs qu’elle veut défendre, qu’il oblige à penser la place de celui « qui ne produit plus » dans un contexte économique difficile, à une époque où les logiques de l’agir dominent trop souvent le temps de la réflexion éthique.

Car c’est bien là l’objectif d’une politique nationale de santé: faire du respect des personnes un principe irréfragable et rappeler à ceux qui l’oublieraient l’honneur d’une société qui prend soin des plus vulnérables. Bien au-delà de la compassion, tout simplement par solidarité.


Pour consulter le rapport (PDF).

Source | Minisitère du travail, de l'emploi et de la santé (France)

lundi 6 juin 2011

Soins palliatifs pour les personnes âgées : les meilleures pratiques

La population mondiale vieillit, et le nombre de personnes devant subir les effets de maladies chroniques graves à la fin de leur vie est aussi en augmentation. La présente publication fournit des exemples de meilleures pratiques en matière de soins palliatifs en provenance de la Région européenne de l’OMS ou se rapportant à celle-ci. Les perspectives abordées vont du système de santé dans son ensemble au niveau individuel, par des exemples d’une meilleure information ou de soutien dans la communauté et ailleurs. Alors que certaines pratiques doivent encore être pleinement évaluées, elles aideront quand même les responsables politiques, les décideurs, les planificateurs et les professionnels multidisciplinaires à planifier et à soutenir les services les plus appropriés et efficaces en vue d’assurer les soins et la qualité de vie des personnes âgées.


ISBN 978 92 890 0224 0

Le document n'existe qu'en anglais. Pour consulter le pdf suivre ce lien.

Source : OMS

mercredi 1 juin 2011

Compétences des intervenants en soins palliatifs - Lutte contre le cancer

La lutte contre le cancer : une priorité

Le gouvernement a fait de la lutte contre le cancer une de ses priorités d’action. Il a pour préoccupation centrale que les personnes atteintes et leur proches aidants aient accès à des soins et des services de qualité le plus près possible de leur milieu de vie. La stratégie québécoise est basée sur le Programme québécois de lutte contre le cancer . Ce programme fait appel à un effort concerté de tous les partenaires issus du réseau de la santé et des services sociaux et dans la population. Il s’articule autour d’un continuum d’interventions centré sur la personne atteinte et ses proches aidants et ciblant aussi la population, allant de la prévention aux soins de fin de vie en passant par le dépistage, l’investigation, le traitement et le soutien. La surveillance du cancer, la recherche, la formation et l’organisation des soins et des services (planification, gestion et évaluation) font aussi partie du Programme.

Publications du Programme québécois de lutte contre le cancer:

Orientations prioritaires 2007-2012 / MSSS 2007 42p.
Le Programme québécois de lutte contre le cancer est plus que jamais d’actualité et essentiel. Il est à la base même des Orientations prioritaires 2007–2012, dont les 60 mesures sont regroupées selon les cinq axes suivants :
• consolider les assises d’une organisation hiérarchisée et intégrée ;
• promouvoir la santé, détecter précocement le cancer et le prévenir ;
• faciliter le parcours de la personne atteinte de cancer dans le continuum de soins et de services ;
• soutenir l’évolution des pratiques ;
• évaluer l’atteinte des résultats.
Pour consulter le document (PDF)

Plan directeur de développement des compétences des intervenants en soins palliatifs / MSSS 2008, 249p.

Le Plan directeur de développement des compétences des intervenants en soins palliatifs constitue la réalisation d'une des mesures stratégiques des Orientations prioritaires 2007-2012 du Programme québécois de lutte contre le cancer. Ce document s’adresse à toutes les personnes qui donnent des soins palliatifs ainsi qu’aux gestionnaires des organisations où de tels soins sont dispensés. Il constitue un point de repère pour établir les compétences minimales que les intervenants devraient posséder pour accomplir leur travail et assurer aux personnes malades et à leurs familles des services de qualité. on y retrouve notamment les infirmières et les infirmiers ainsi que les infirmières auxiliaires et infirmiers auxiliaires.
Pour consulter le document (PDF)

Plan directeur de développement des compétences des intervenants en soins palliatifs – Volume 2 – Ajout de six profils / MSSS, 2011, 75p.
Ce deuxième volume constitue la réalisation d'une des mesures stratégiques des Orientations prioritaires 2007-2012 du Programme québécois de lutte contre le cancer. Ce document s’adresse à toutes les personnes qui donnent des soins palliatifs ainsi qu’aux gestionnaires des organisations où de tels soins sont dispensés. Il constitue un point de repère pour établir les compétences minimales que les intervenants devraient posséder pour accomplir leur travail et assurer aux personnes malades et à leurs familles des services de qualité.
Pour consulter le document (PDF)

lundi 3 mai 2010

Stresseurs liés au travail infirmier en soins palliatifs : l'importance du soutien organisationel, professionnel et émotionnel

À la suite de la restructuration du système de santé, du virage ambulatoire et de l’implantation du programme de lutte contre le cancer, les infirmières engagées dans le programme de soins à domicile, ont maintenant un rôle central dans la prestation des soins palliatifs. Bien que les orientations favorisent la dispense de services dans la communauté, le financement public des services à domicile n’a toutefois pas suivi. Dans plusieurs CLSC, la prestation des soins palliatifs demeure peu ou pas organisée et, dans un contexte de demandes accrues et de pénurie d’effectifs, le recrutement et la rétention de personnel infirmier dans ce secteur de soins spécialisé peuvent devenir problématiques.

La recherche montre que :
  • Les stresseurs (agents stressants) organisationnels sont plus prééminents que les stresseurs professionnels et émotionnels. La principale source de stress pour les infirmières n’est pas de côtoyer quotidiennement des personnes en fin de vie mais davantage le fait qu’elles doivent se battre constamment dans un système désorganisé afin que ces personnes puissent vivre leurs derniers moments dans la dignité et dans le respect de leurs valeurs personnelles. Au plan organisationnel, il apparaît nécessaire d’adopter une approche concertée entre les établissements et les équipes spécialisées afin d’améliorer l’accessibilité à des soins cohérents et à des services adaptés aux besoins des patients et de leurs proches.
  • Les difficultés de communication et de collaboration interprofessionnelles sont d’importantes sources de détresse et d’insatisfaction chez les infirmières. Au plan professionnel, on devrait encourager la mise en place d’équipes interdisciplinaires centrées sur les besoins du patient et de ses proches et qui s’inspirent d’une philosophie commune.
  • Même si la prestation de soins palliatifs peut constituer une épreuve sur le plan psychologique, elle est également à la source d’émotions positives. L’accompagnement en fin de vie peut constituer une expérience enrichissante. Les infirmières — et plus particulièrement celles qui possèdent une expertise et font montre d’engagement pour ces soins — se disent satisfaites de leur travail. Malgré l’urgence de diminuer les stresseurs organisationnels et de reconnaître l’expertise professionnelle, il ne faut pas négliger l’importance du soutien émotionnel. Ce type d’aide favorise une prise de conscience des enjeux affectifs liés à l’expérience de la mort. Il permet également d’exprimer les émotions perturbatrices et de renforcer la quête de sens inhérente à la souffrance et au processus d’accompagnement en fin de vie.
  • Le niveau de stress semble moins élevé dans les CLSC que dans les centres hospitaliers (CH) ; la satisfaction que procure le travail y est également supérieure. Les CH sont considérés comme des endroits déshumanisés, où le statut des infirmières en soins palliatifs est peu valorisé. Par opposition, les infirmières qui procurent les soins à domicile jouissent d’une plus grande latitude décisionnelle et sont moins aux prises avec des conflits interprofessionnels. Les patients et leurs proches éprouvent également davantage de reconnaissance envers les infirmières qui se rendent au domicile.
  • Plus les infirmières disposent de soutien aux plan organisationnel, professionnel et émotionnel, plus les ressources personnelles pour faire face aux demandes inhérentes aux soins palliatifs leur semble accrues et les charges psychologiques moindres.
Recherche menée par Lise Fillion et Louise Saint Laurent. Cette recherche a été financée par la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé. 2003